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Lorsque l’augmentation du carburant est une des gouttes qui fait déborder le vase…

christine

Comme pour tout, pour la voiture aussi tout est question d’équité et d’inégalité. Si comme l’affirment certains, aujourd'hui rouler en voiture coûte moins cher qu’il y a plusieurs années, considérant l’ensemble des frais liés au véhicule dont le carburant, il va sans dire que cela dépend dans quels ménages (entendre par ménages : tant les personnes isolées que les couples et familles) en fonction des revenus qui sont les leurs. En effet, tout dépend de quelle voiture on est capable d’acheter en fonction de son budget de départ (neuve, d’occasion, de très mauvaise occasion), quel âge a la voiture. Les témoignages de terrain montrent qu’entre prendre de gros risque sur l’équilibre financier d’un budget trop serré en achetant une voiture neuve un peu moins coûteuse souvent qu’une occasion ou une vieille voiture, ou acheter une occasion qui réservera régulièrement de très mauvaises surprises (pannes, grosse consommation), pour des ménages dont les revenus sont très justes ou trop justes ou indécents, c’est toujours un problème. Et l’obligation de disposer d’une voiture suivant l’endroit où l’on vit pèsera toujours lourdement sur ces revenus qui laissent au mieux les ménages en apnées, au pire la tête sous l’eau ! Il n’est pas rare qu’un ménage calcule au litre près pour assurer les obligations principales avant tout (oubliant d’ailleurs presque d’office les loisirs et plaisirs), que le RWLP doive préfinancer un déplacement en voiture car les personnes ne savent plus le faire, qu’il soit impossible de conduire les enfants à l’école à quelques kilomètre de chez soi en milieu rural pendant quelques jours dans l’attente d’une rentrée financière, que des rendez-vous soient ratés vers le tribunal, l’aide à la jeunesse, un rendez-vous médical ou le Forem pour ces mêmes raisons, là où l’offre de transports en commun est largement déficitaire et/ou inadaptée. Il n’est pas rare non plus que pour assumer certains de ces déplacements imposés ou considérés prioritaires, des ménages se passent d'autres choses essentielles, comme sous-consommer en eau, en électricité, en chauffage, en nourriture, en soins de santé, en chaussures, en soins dentaires, etc., ou en reportant/morcelant d’autres paiements (téléphone, école, etc.). Et que dire lorsqu'il est impossible de payer le remplacement des pneus lisses et/ou l'assurance alors qu'impossible de ne pas utiliser la voiture (pour se rendre au travail par exemple). Et il n'est malheureusement pas rare évidemment, que submergé par la violence permanente de ces impossibles choix, le repli sur soi, la dépression, le découragement devant ces luttes quotidiennes contribuent à une désaffiliation sociale intense.

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Intervention de Christine Mahy sur la RTBF (6m40') ici

 Christine MAHY, et Renaud MAES, Rédacteur en chef de La Revue nouvelle et Professeur de Sociologie à l’Université Saint-Louis Bruxelles étaient invité à l'émission CQFD.
"Les gens ne se sentent plus entendus dans leur réalité, comme si la réalité exprimée par les gens était une espèce de subjectivité non scientifique, pas intéressante et comme si ce qu'il n'y avait qu'a être écouté c'est de la statistique organisée dans des tableaux, des critères etc les gens en ont assez de ça!"

 

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