bandeau sie ouitest
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Prochainement avec le RWLP

Site lutte pauvreté wallonie.be

Soutenez les enjeux portés par le RWLP

Newsletter !

*

logo wallonie-7x9-300dpi-rvb        CEra - F Base 3 COLOR stroke3

logobij

  FWB

 PAC

 

 petitlogoRTA gris

province namur

 

 

FRB

 

EUROPE FSE

RWLPlogosite

Communiqué de presse.

Biens sanitaires obligatoires, les masques doivent être distribués gratuitement, sous peine de renforcer les inégalités et de stigmatiser les plus vulnérables !

Alors que les Réseaux de lutte contre la pauvreté s’investissent sans relâche pour limiter les effets de la crise sanitaire qui se superpose aux inégalités et à la crise sociale préexistante, quelle n’est par leur stupéfaction de constater la commercialisation de masques chirurgicaux dans les supermarchés. Les associations de lutte contre la pauvreté alertent fortement : la population a besoin de se sentir soutenue pour les efforts individuels et quotidiens qu’elle fait, par un gouvernement qui l’équipe gratuitement de masques adaptés alors qu’il les rend obligatoires dans les transports en commun, pour se rendre dans certains services ou milieux professionnels. C’est d’autant plus indispensable pour les populations confrontées à la pauvreté, qui vivent dans des conditions matérielles très limitées que cette épidémie complique encore.

Les Réseaux de lutte contre la pauvreté constatent une grande difficulté de compréhension des recommandations fédérales concernant le port du masque. Les déclarations politiques et/ou scientifiques des dernières semaines ont fortement évolué, passant de déconseiller, à conseiller, et à nuancer le port du masque, avec des avis variables et divergents sur le niveau de protection, les types de masques, les méthodes à employer pour les gérer (chirurgicaux ? FFP2 ? Tissu ? Coton, polystyrène ? Réutilisables ? Quelle taille, couvrant ? A changer à quelle fréquence ? Lavables à combien de degrés ? Quel détergent ? A la vapeur ? Comment procéder quand on est porteur de handicap, en perte de dextérité, lorsqu’on est asthmatique, allergique, etc.). Des initiatives locales mobilisant très majoritairement des femmes se sont multipliées alors que la population est laissée à sa responsabilité individuelle, poussée à produire elle-même des masques en tissus, stressée par les erreurs qu’elle pourrait faire dans le mode de fabrication, le tissu employé, la manière de gérer ceux-ci, ajoutant de l’angoisse dans une situation qui n’en manque déjà pas. Comment les populations les plus pauvres (mal-logées, ou à la rue, avec de beaucoup trop petits revenus) peuvent-elles gérer cela ? Rien ne dit qu’elles disposent d’une machine à lessiver le linge, d’un lavoir qui nécessitera peut-être de s’y rendre en transport en commun, encore moins un fer à repasser, d’appareils et sources d’énergie pour faire bouillir de l’eau, ou que les conditions de survie permettent de donner une priorité à cela.

Ce mardi 5 mai, et malgré les annonces politiques garantissant la distribution d’au moins un masque certifié de qualité par personne, beaucoup n’en disposent toujours pas ! Mais de plus qu’apprend-t-on ? Qu’à partir de cette date des masques chirurgicaux sont disponibles et commercialisés dans les grandes surfaces ! Certes avec une TVA à 6%, vendu à prix coûtant, et/ou avec un versement du surplus à une œuvre… la belle jambe pour celui qui doit débourser, impossible d’utiliser un paquet de pâte en guise de masque ! Une boîte de 50 masques pour 31,49€ ! Pas cher du tout diront certains (qui seront peut-être en capacité de faire du stock, sans savoir si un marché noir de vente à la pièce ne vas pas se développer), quand pour d’autres tout préfinancement est inimaginable, car immobiliser 31,49€  quand on compte à l’euro près, ce n’est juste pas possible. Et la vente en paquets de 5 unités annoncée à 3,85€ reviendra plus cher ! Sans compter que l’usage du masque sera très variable et inégal selon que la famille est nombreuse ou pas, dispose d’un véhicule privé ou se voit contrainte d’utiliser souvent les transports en commun, souffre d’une maladie chronique ou pas, dispose de services de proximité ou pas, etc.

Toutes dépenses imprévues, exceptionnelles, supplémentaires, comme le sont la gestion des masques en tissus ou l’achat de masques chirurgicaux, dans un ménage avec des revenus sous le seuil de pauvreté[1], ou en flux tendu sans épargne[2], ou parfois sans plus aucun revenu à cause de cette épidémie, augmentent les problèmes. Cette réalité est de nature à « montrer du doigt », marginaliser les familles qui ne porteront pas de masque et à entraîner des sanctions dans la foulée, ou à ce que la famille se prive encore plus de l’essentiel déjà sous-existant pour obéir à la règle, ou qu’elle prenne des risques pour sa santé et celle des autres en utilisant des masques usagers. Le coût financier et social risque de peser lourd une fois encore sur des ménages déjà affaiblis par les inégalités préexistantes et cette crise sanitaire surajoutée.

Pour les Réseaux de lutte contre la pauvreté, cette situation est inacceptable. Ils demandent :

-     -   En priorité, la distribution des masques chirurgicaux gratuits, biens sanitaires de première nécessité pour combattre l’épidémie (pour lesquels l’Etat doit assurer le contrôle qualité), accompagnée de conseils et apprentissage à l’utilisation raisonnable et adaptée de ceux-ci.

-      -  Si des masques en tissus doivent être utilisés aussi, il faut en garantir la qualité, expliquer l’usage, et s’assurer de la capacité matérielle du ménage à les gérer, ou aider matériellement ce ménage à mettre en place les solutions pour cela. Si en tout temps, les Régions, avec l’aide de l’Etat fédéral, devraient garantir le droit à l’eau et à l’énergie pour que toutes les familles puissent mener une vie conforme à la dignité humaine, c’est vital durant toute la durée de la gestion de l’épidémie. Aucun ménage ne doit risquer une coupure, limitation ou un endettement lié à une consommation accrue.

-     -   L’organisation de cette distribution des masques (papier et tissus) par des organismes, des métiers, qui peuvent apporter des explications claires et complètes, des précautions à prendre, des peurs à dépasser, des conseils pour l’utilisation et la gestion de ceux-ci., Ils seront chargés de rappeler que le masque sans distanciation physique et les gestes barrières est inopérant, voire dangereux. Mais ils pourront aussi accorder une attention particulière à l’adaptation des quantités et des types de masques pour les familles pauvres, les malades chroniques, les personnes sourdes ayant besoin de masques à visière pour la lecture labiale, etc. Ce pourrait être, les pharmacies, les maisons médicales, les médecins traitants, les hôpitaux, les services qui exercent un métier au domicile des familles, les services de prévention santé, les CPMS, les centres de planning familiaux, L’ONE/Kind en gezin, les crèches, les CPAS, les services sociaux communaux, les kinés, etc.

 

Contact presse -> Julie Mawet – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   - 0476/ 96 95 26 ou 081/ 31 21 17

 


[1] 16,4 % de la population belge vit sous le seuil de pauvreté, soit plus de 1,8 million de personnes, soit le pourcentage le plus élevé depuis que celui-ci est calculé.

[2] 25,3 % de la population belge ne dispose pas d’épargne.

 

RETOUR PRESSE:

Metro

l'Avenir

RTL

 

Un fonds documentaire à votre disposition

Une collaboration Province de Namur-RWLP et divers partenaires.


En savoir plus

 

Consulter le catalogue