Singature oct 2017

Textes


Cette maison me coûte très cher 

On dirait qu'elle est d'une autre ère

Froide, sans chauffage qui est au gaz

Dur de la résumer en une phrase

 

Dehors il faut sortir

Voir des gens voire pire

M'engueuler avec quand c'est nécessaire

Mais de tout temps je préfère me taire

 

Oui je n'aime pas être hors de chez moi

De tout temps je me larmoie

Quand il faut aller ailleurs

Chez moi je suis comme un roi qui a peur

 

Mais je m'enferme au point de ne pas voir

Les lumières du jour, même pas celles du soir

J'ai tellement pas envie de me retrouver dehors

Je m'enferme sur moi-même au premier abord

 

Dans mon cocon tranquille sans tout confort

Je m'imagine être au courant de tout et fort

Mais voilà qu'on me coupe l’électricité

Comme pour me dire de sortir dans la cité

 

Alors me dis-je ma manière de vivre

Ne suis-je pas seulement entrain de survivre

Je crois que je ne suis pas fainéant

Je ne suis tout simplement pas bien portant

 

Il faut que je me batte pour m'en sortir

Dans le froid, dans le noir quoi de pire?

Il faut que je fasse un effort énorme

Pour tout simplement être dans les normes

 

Je mets le nez dehors pour trouver de l'aide

Je me rends compte à quel point ma vie est laide

J'aime lire mais dans le noir c'est impossible

Mais financièrement l’énergie m'est inaccessible

 

Je pousse la porte du RWADE, appel au secours

Je suis plein de problèmes et en manque d'amour

Il faut m'informer mais je n'y connais rien

Je vois bien que ces gens me veulent du bien

 

Je suis en quelques temps un expert en la matière

Mais mes problèmes c'est comme si c'était hier

Je ne vous raconte pas tout mais je suis bien bas

Je n'aime pas mettre les gens dans l'embarras

 

Tout semble bien aller mais je rechute

Au point où chaque jour devient une lutte

Je croyais m'en sortir mais j’abandonne tout

Avec de nouveau les factures qui arrive de partout

 

Le service social m'envoie une jeune et frêle AS

Elle m'engueule se croit-elle dans la justesse

Ça ne facilite jamais les choses

D'autant plus qu'elles sont loin d'être roses

 

Je suis infantilisé comme si je ne savais rien faire

Elle passe son temps à tout détruire à tout défaire

Je suis encore pire que je n'étais au début

C'est quoi leur travail? C'est quoi leur but?

 

Peu de temps après je trouve la cause

C'est parce que je ne bouge pas que tout explose

Je passe mon temps entre quatre murs

Et à force ça commence à être dur

 

La goutte qui fait déborder le vase c'est l'eau

Une fois que c'est coupé c'est un gros fardeau

Mes plantes crèvent alors qu'il n'y avait que ça

Qui me sortait de mes sales draps

 

Ça me fait un choc

Je me rends compte que je suis comme un coq

Alors je prends mon GSM et j'appelle à l'aide

Peu à peu le côté chiant en moi cède

 

Presque tout le bottin pour appeler au secours

Ma situation est sous un nouveau jour

Il y a tant de service pour m'aider

Mais une simple AS m'a dégoûté

 

Rendez-vous sur rendez vous

C'est si dur d'être tôt debout

Papier après papier tout se règle

Et moi tout au-dessus je me sens comme un aigle

 

Osez-vous déplacer pour dire

Que vous êtes dans le besoin et qu'il faut agir

Frappez aux portes et sortez de chez vous

Ça fait du bien je vous l'avoue

 

Ma maison est maintenant toute douillette

Même pas d'odeur de la cigarette

Mais je passe beaucoup moins de temps dedans

Rencontrez du monde c'est important !

 Anatoly Kontsybovskiy est comédien/auteur du Théâtre des Travaux et des Jours (TTJ), retrouver ses écrits sur le site WWW.THEATRETJ.BE

 

 

Moi, vivant dans ce monde où une chape de plomb s’est abattue sur nous, le petit peuple, où les mots « contrôle, recherche, insertion, formation, activation » seraient le remède miracle à la politique de l’ultra-libéralisme décomplexé de l’Europe et de ce gouvernement de nantis !

Forcer les humains à se plier, se formater, à devenir des pantins au service du patronat !

Quel avenir merveilleux pour nos enfants…

Oublier les contraintes, les combats endurés par nos grands-parents et arrières grands-parents….

Nous revenons cent ans en arrière.

 

Le monde me parait parfois comme une grande machine tentaculaire suçant les forces vives d’un grand nombre pour satisfaire l’avidité d’un petit nombre !

Virer les personnes du chômage pour accorder les statistiques aux demandes de l’Europe et autres !

Faire faire des articles 60 pour que les personnes retrouvent leurs droits au chômage. Pas pour engager après !!

A qui ça profite ?

 

Bien sûr goûter aux joies d’un salaire convenable, à la satisfaction d’avoir un travail ; si tant est que le travail nous convient ; et que vous avez vraiment le choix.

Imaginez la claque dans la gueule que prend une personne qui perd son emploi. Peut-être que vous le savez déjà.

De devoir retourner à l’ONEM pour fournir les preuves de recherche d’emplois, 4, 5, 6, 7 ça dépend, c’est à la gueule du client !

Alors qu’il n’y en a pas ! Sanction, sanction.

 

Mettant en concurrence les travailleurs entre eux. Concurrence, concurrence. Donnant le pouvoir absolu au patronat, au capital !

En nous culpabilisant, c’est de ta faute, tu n’es pas compétitif, formé, malléable, méritant.

Tu n’es plus en accord avec ce monde, celui du capital. Contrôle. Contrôle… 

 

Élaborer un système informatique pour contrôler l’énergie consommée chez les personnes. Pour contrôler s’ils habitent bien à leurs adresses.

Donc tu dois absolument dormir chez toi tous les jours et tu dois consommer !

Y a t- il le même système pour contrôler si les gens riches, qui viennent s’installer dans notre paradis fiscal pour ne pas payer d’impôts, habitent bien à leurs adresses et consomment de l’énergie; je ne parle même pas des grosses fortunes de chez nous qui n’en payent pas non plus d’impôts !

Le taux cohabitant a été condamné par l’ONU comme mesure discriminatoire envers les femmes ! Le taux cohabitant met les gens dans la merde !

La peur du contrôle, la suspicion de fraude ; suspendue au-dessus de votre tête en permanence.

A quand l’individualisation des droits pour que les personnes puissent vivre et s’aimer dans la dignité. De pouvoir être solidaire les uns avec les autres, sans être suspecté de fraude. Accueillir une personne dans le besoin ou à la rue, sans craindre des sanctions !

Économiser l’argent investi et dépenser dans tous ces contrôles et l’employer pour autre chose de positif !

Est-ce un rêve !! « L’ombre de Martin Luter King pèse sur ce texte » I Have a dream ( aie eve e drim)

 

Et maintenant est apparu le PIIS (projet individualisé d’intégration sociale) Merci monsieur Borsus et autres bien faiseurs de l’humanité.

C’est-à-dire ce qui était vrai pour les chômeurs l’est devenu pour les bénéficiaires du RIS (revenu d’intégration sociale) avec un système de sursis, de suspension et de sanction. Sauf que les personnes qui sont au CPAS, s’ils sont sanctionnés, n’ont plus de filet de sécurité. C’est la dégringolade assurée qu’un peu d’imagination suffit à comprendre. Contrôle, contrôle …

Sans oublier le travail supplémentaire que ça va engendrer pour les travailleurs sociaux qui ont pour vocation d’aider et de soutenir la population dans le besoin. Même si un minimum de contrôle est nécessaire, leur vocation n’est pas de contrôler contrôler.

Je comprends le désarroi de certains de ces travailleurs par rapport à ces mesures, car ils pourront de moins en moins exercer leur métier.

« Un jour, quand j’étais en formation en ALPHA, une personne de l’ONEM est venue nous expliquer nos droits et a dit textuellement : vous savez, il ne faut pas accabler les contrôleurs, d’ailleurs, certains parmi eux ont fait des études d’assistants sociaux ! »

? Euh …bon …en gros, c’est comme si on disait à des personnes assistant à une exécution : « ne les accablés pas dans le peloton, il y en a qui ont fait des études de médecine !! » La belle affaire.

Ce que les pires films ou livres de sciences fictions ont imaginés est pour moi en train de se produire !!!

 

Mais revenons à des choses plus positives :

Le festival de théâtre Bitume : le simple fait de vous retrouver là vous réconcilie avec le monde. Les personnes qui ont organisé ce festival gratuit et ont participé à cet événement m’ont beaucoup impressionnées. Donner de son temps, croire en un avenir meilleur, se rendre utile et agir.

C’est un beau slogan ! Mais qui s’est révélé vrai.

A travers ces spectacles, les travers de ce monde sont déclamés, criés dans la joie et la dérision. Ou la musique, la poésie des mots et des corps vous transportent dans un autre âge. Ou les marchands de gros mots croisent les clowns et les jongleurs. Ou le crieur public nous fait partager les pensées et ressentis des festivaliers.

D’ailleurs pour terminer, je vous livre un petit texte écrit à la guinguette pour la criée.

« Je hurle ma rage devant ce monde ou l’humain n’est plus la priorité. Profits, gains, restructurations, activation, emplois, formation, obligations !!!

Et je marmonne partage solidarité, compréhension, amour de l’autre ... »

 

L’Europe sur son beau drapeau étoilé,

L’Europe sur cette planète peuplée,

L’Europe et ses frontières ouvertes….

Pour qui ???

Pour les nantis.

L’Europe derrière son drapeau étoilé,

L’Europe devant cette planète surpeuplée

L’Europe et ses frontières enfermées cadenacées

Pour qui ???

  • Pour toi qui n’a pas compris quand tu étais petit
  • Pour toi qui croyais aux étoiles et à la magie
  • Pour toi pour qui le rêve Européen est devenu enfer et enfermement
  • Pour toi qui croyais à l’humain et qui découvre la faim
  • Pour toi qui par une fracture de vie te retrouves sans rien
  • Pour toi qui veux grandir et pleins d’embuche se mettent sur ton chemin.
  • Pour toi l’enfant au regard vide par tant de misère rencontrée
  • Pour toi qui te lève tôt et te couche tard juste pour survivre
  • Pour toi pour à qui la vie a ôté la santé et qui te retrouve sans moyen de survie
  • Pour toi qui a travaillé dur toute ta vie pour une pension de misère
  • Pour toi…………pour toi……..pour toi……….pour toi
  • Pour tous les exclus de la société

Mais quelle société ????

Celle que personne ne veut voir ?

Celle cachée derrière ce joli drapeau étoilé ?

NON, la société qu’avec EAPN nous sommes en train de développer.

 

 

 

Je n’ai pas envie d’être sociable, je n’ai pas envie de voir des gens
Je trouve ma vie très confortable et je me sens très intelligent
Je n’ai pas envie de sortir de chez moi, d’aller en soirée
Je ne me sens pas très adroit quand je suis en société

Je préfère lire des livres, tranquille, devant un feu de cheminée
Que d’écouter mes amis raconter leur vie lors d’une cuite carabinée
Je n’ai besoin de personne, je m’en suis toujours sorti tout seul
A chaque fois que quelqu’un me sonne j’ai envie de lui casser la gueule

Dans ce monde de chacun pour soi, chacun dans son coin
Je m’aperçois qu’il y a une activité que je pratique avec soin
J’aime bien écrire et faire passer mes idées
J’aime découvrir à quel point mon imagination est débridée

Peu importe ce qu’on fera de mon texte ensuite
Tant que c’est fait d’une manière instruite
Je m’en fous d’être édité, d’être connu
L’écriture est une thérapie grâce à laquelle je me mets à nuA chaque fois que je me retrouve devant la page blanche
Je dois m’inventer un nouveau monde et c’est comme une revanche
Que je prends sur toutes ces années où je me suis senti enfermé
Grâce à l’écriture je peux enfin m’affirmer

J’ai appris à communiquer et à structurer mes idées
Et cela m’a donné l’envie d’échanger
Maintenant j’ai besoin des autres, je ne veux plus rester chez moi
Quand on me propose d’aller faire la fête au début du mois

Ce soir je vous conseille de pratiquer l’art
A lui seul il peut élucider tous vos cauchemars
Allez, Osez, lancez-vous sans vous juger
Quand on ne se sent pas bien, l’art permet aux gens de changer

Faire de l’écriture ou tout autre bazar, c’est comme aller chez le médecin
L’art soigne vos maux, et dans mon cas c’est plus efficace que le psy
Mettez-vous en colère, criez, pleurez, il n’y a rien de malsain
Le tout c’est de faire le premier pas, c’est comme ça que j’ai réussi

Je me suis dit au début que rien ne me changerait
Que je resterai toujours prisonnier
De cette timidité maladive qui m’empêche d’aller vers d’autres gens
Et c’est d’une manière tardive que je deviens indulgent

 

 Anatoly Kontsybovskiy est comédien/auteur du Théâtre des Travaux et des Jours (TTJ), retrouver ses écrits sur le site WWW.THEATRETJ.BE

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